Le motion design a longtemps été le cousin discret de la communication visuelle. Pas vraiment du cinéma, pas tout à fait du graphisme, ni totalement de l’animation. Ces dernières années, il s’est imposé partout : dans les vidéos RSE, les vidéos métiers, les pitchs de startups, les films marketing. Le motion design est devenu cette langue parallèle, un idiome graphique qui traduit le monde en symboles.
Le rêve d’une explication parfaite
Le motion design a un super-pouvoir : il simplifie. Il coupe dans le gras, il allège, il clarifie. Là où un texte de trois pages s’empêtre dans les contraintes, un schéma animé de cinq secondes résout tout. C’est la magie du graphisme : montrer l’invisible, matérialiser le complexe, donner corps à l’abstrait. La transition énergétique ? Deux flèches, trois couleurs, un cercle.
La finance durable ? Un à-plat, un personnage stylisé, une ligne qui évolue. Un process industriel ? Des icônes. Des trajectoires. Des mouvements fluides. En quelques secondes, on comprend ; ou du moins, on croit comprendre. Et c’est déjà beaucoup dans un monde qui noie les idées sous les acronymes.
Le côté obscur : quand tout se ressemble
Mais cette puissance a un prix. Parce qu’à force de simplifier, on finit par uniformiser. Le motion design est victime de sa propre efficacité : même style, mêmes couleurs pastels, mêmes personnages sans visage, mêmes transitions “pop”.
Un monde lisse, presque aseptisé, où chaque idée devient un pictogramme. Ce n’est pas une fatalité, mais c’est une dérive. Le risque est réel : produire de la pédagogie sans âme, de l’explication sans incarnation. Le motion design peut sauver le propos
ou l’éteindre complètement, si l’on succombe à la tentation du template universel.
Esprit de Velox
Motion Design
Heureusement, le motion design n’est pas condamné à l’uniformité.
Au contraire : c’est un terrain de jeu infini. On peut y injecter du rythme, de la nervosité, de la poésie. Un motion peut être drôle, politique, engagé. Il peut emprunter aux codes du documentaire, de la BD, du clip musical. C’est un territoire où tout est possible.
Encore faut-il accepter de sortir de la charte graphique pré-mâchée et d’oser des choix plus radicaux : la matière, les couleurs, le ton.
L’IA entre dans la scène : opportunité ou menace ?
L’arrivée de l’IA transforme aussi le motion design. Elle accélère, elle simplifie, elle automatise. En quelques prompts, on génère des transitions, des personnages, des styles. Mais là encore, le danger guette : produire à l’infini des motions qui se ressemblent tous, générés par les mêmes modèles.
La vraie question n’est pas “Faut-il utiliser l’IA ?” mais : “Comment garder une âme dans un univers machine ?” Comme toujours, la réponse n’est pas technique mais artistique. Le motion design ne peut être réduit à des assets animés. C’est d’abord un point de vue.
Le motion design n’est pas une rustine pour faire joli.
Le motion design n’est pas un gadget visuel. C’est une manière de penser. Une façon de traduire le monde. Quand il est bien fait, il donne envie de comprendre. Il fait circuler l’intelligence. Il fait exister des choses qu’on ne savait pas regarder.
Vidéo - Le motion design, quand l'esthétique sert le message !
Découvrez le décryptage de Valentin !


